Le retour dans les communautés d’origine ne signifie pas nécessairement la reprise des activités économiques ni le rétablissement des conditions de vie d’avant la crise. À Uvira, particulièrement dans la cité de Kiliba, plusieurs ménages retournés éprouvent encore des difficultés à retrouver leur autonomie financière après avoir perdu leurs biens, leurs outils de travail et leurs principales sources de revenus pendant la crise. Le manque de ressources financières, les difficultés d’accès aux crédits et la destruction des moyens de production figurent parmi les principaux obstacles à la relance de leurs activités génératrices de revenus.
Les femmes cheffes de ménage, les jeunes sans emploi ainsi que les familles ayant perdu leurs biens productifs comptent parmi les catégories les plus affectées par cette situation. À Kiliba, ces difficultés se traduisent notamment par les conditions de vie précaires auxquelles font face plusieurs personnes retournées.
Kaigezo, chef de ménage dans cette cité, explique que le pillage de leurs biens et la destruction de leurs moyens de subsistance ont profondément bouleversé leur quotidien, rendant particulièrement difficile leur réadaptation après le retour.
« Tous nos biens ont été pillés, nos champs ont été ravagés et aujourd’hui, nous avons du mal à nous adapter à la vie actuelle. Nous éprouvons d’énormes difficultés à reprendre nos activités et à subvenir à nos besoins », témoigne-t-il.
Face à ces difficultés, l’accompagnement des organisations locales et humanitaires apparaît comme un levier essentiel pour favoriser la réinsertion socioéconomique des populations retournées. Pour Mapenzi Manyebwa, coordonnateur de l’organisation UBUNTU GRAND LAC, il est notamment nécessaire de renforcer l’assistance financière, de faciliter l’accès aux petits crédits, de fournir des intrants agricoles et de soutenir les initiatives commerciales.
Il évoque également les interventions de l’ACER en faveur des personnes retournées et plaide pour le renforcement des mécanismes d’accompagnement permettant à ces populations de retrouver progressivement leurs capacités économiques.
« Il faudrait faire en sorte que les retournés puissent avoir des capacités économiques grâce à l’appui du gouvernement congolais et des ONG humanitaires, mais aussi créer des activités économiques en faveur des retournés », indique-t-il.
Au-delà de l’assistance ponctuelle, ce responsable associatif estime que la relance économique doit s’inscrire dans une démarche durable, axée sur le renforcement des capacités productives des ménages et leur accès aux opportunités économiques dans leurs milieux de retour.
Dans cette perspective, il préconise une collaboration entre le gouvernement congolais, les organisations humanitaires, les institutions bancaires et les coopératives d’épargne et de crédit. Cette synergie permettrait de faciliter l’accès des ménages retournés aux financements et aux crédits nécessaires au redémarrage de leurs activités agricoles et commerciales.
Pour Mapenzi Manyebwa, la possibilité de reprendre une activité économique, d’accéder à un financement et de sécuriser ses biens constitue une condition essentielle pour renforcer la résilience des familles et leur permettre de mieux faire face aux éventuelles crises.
Ainsi, la relance économique des ménages retournés demeure un enjeu majeur pour garantir la durabilité de leur retour à Uvira. Au-delà du retour physique dans leurs communautés d’origine, ces populations ont besoin d’un accompagnement adapté pour reconstituer leurs moyens de subsistance, retrouver leur autonomie financière et participer pleinement à la relance de l’économie locale.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.






















































































































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